Nangis, octobre 2015. Michel Billout, sénateur-maire PC de Nangis, dénonce le projet de fusion des trois hôpitaux du sud seine-et-marnais. (LP/Sébastien Blondé)
La mise en œuvre de la fusion des hôpitaux de Fontainebleau, Montereau et Nemours doit débuter dans un an, à partir du 1er janvier 2017. Dernièrement, Michel Billout, sénateur-maire PC de Nangis s’est largement exprimé au Sénat, à propos de ce projet qu’il dénonce et combat.
« Entre 2004 et 2014, l’hôpital de Fontainebleau a perdu 10 % de ses effectifs et son activité chirurgicale a baissé de 22,64 % », a rappelé le parlementaire seine-et-marnais. « Le choix de ne pas recruter de spécialistes dans les disciplines déficitaires a conduit une baisse de fréquentation de 64,3 % à Fontainebleau et 92,4 % à Nemours en 2013, dans le secteur médecine chirurgie et obstétrique. L’hôpital de Nemours a aussi perdu un service de chirurgie de soixante lits (soit 10 462 journées par an en moins). À Fontainebleau et Montereau, ce sont 131 postes d’aides-soignants qui ont été supprimés en dix ans. »
S’appuyant sur un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), datant de 2012, Michel Billout propose au gouvernement de « remédier aux difficultés de chaque établissement » plutôt que de reformer un « hôpital complet, à partir d’établissements affaiblis ». Selon l’Igas, « la fusion n’est pas le levier le plus approprié pour redresser la situation financière d’un établissement public de santé en déficit. »
Pascale Boistard, secrétaire d’État auprès de la ministre des affaires sociales, de la santé, lui a répondu. « Vous avez cité, à juste titre, le rapport de l’Igas. Face aux difficultés de ces établissements, qui ont eu du mal à recruter des médecins, dont le niveau des actes est insuffisant et dont la situation financière se dégrade, des équipes ont élaboré un projet commun, au terme d’un travail considérable. Une direction commune a été mise en place dès 2013. La fusion des trois hôpitaux est la conséquence de cette stratégie partagée, afin de développer une offre de proximité de bonne qualité. »
« Face à un contexte très concurrentiel des hôpitaux de Corbeil et de Melun, l’avenir des trois établissements du Sud Seine-et-Marne n’est pas assuré », a rétorqué Michel Billout.
NOTE
Nous devons préciser que cette question sénatoriale fait suite à une demande d'intervention du CDHPF auprès du sénateur. La question a été élaborée à partir des éléments transmis pas notre collectif. Ces éléments sont le résultat de notre approfondissement de l'étude sanitaire dans le sud seine et marnais. Chacun appréciera la réponse de la Secrétaire d’État qui manie la langue de bois avec virtuosité. Comment peut-on soutenir la fusion de trois hôpitaux et aussitôt évoquer l'offre de proximité ?
Séance du 1er décembre 2015 (compte rendu intégral des débats)
FUSION DES HÔPITAUX DE NEMOURS, MONTEREAU ET FONTAINEBLEAU
M. le président. La parole est à M. Michel Billout, auteur de la question n° 1281, adressée à Mme la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes.
M. Michel Billout. Je souhaite attirer l'attention du Gouvernement sur le projet de fusion des hôpitaux de Nemours, de Fontainebleau et de Montereau, en Seine-et-Marne, annoncé pour le 1er janvier 2017.
À ma connaissance, aucune étude sur les intérêts d'une telle fusion, aucune alternative en matière de restructuration n'ont été présentées, que ce soit aux instances de concertation ou au grand public.
Cette fusion arrive, de fait, au terme d'un processus d'affaiblissement de ces trois établissements hospitaliers, étalé sur une période d'une dizaine d'années.
Ainsi, entre 2004 et 2014, l'hôpital de Fontainebleau a perdu près de 10 % de ses effectifs. L'activité chirurgicale y a été réduite de 22,64 %, le nombre de lits de chirurgie de 25 %. Le choix de ne pas recruter de spécialistes dans les disciplines déficitaires a induit une baisse de la fréquentation et une augmentation du taux de fuite, lequel a atteint, en 2013, 64,3 % à Fontainebleau et 92,4 % à Nemours, dans les secteurs de la médecine, de la chirurgie et de l'obstétrique.
L'hôpital de Nemours a également perdu ses activités chirurgicales, soit un service de soixante lits. C'est l'équivalent de 1 462 journées d'hospitalisation par an qui ont ainsi disparu. Par ailleurs, à Fontainebleau et à Montereau, 131 postes d'aide-soignant ont été supprimés en dix ans.
Après ces années de destruction d'activité, le projet de fusion prévoit de reformer un hôpital complet, à partir d'établissements affaiblis, au lieu de remédier aux difficultés de chacun d'entre eux. Pourtant, un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales, l'IGAS, daté de 2012 et intitulé « Fusions et regroupements hospitaliers, quel bilan pour les quinze dernières années ? », relève que les fusions de plusieurs établissements mal portants sont particulièrement problématiques. L'IGAS a ainsi démontré que la fusion n'était pas le levier le plus approprié pour redresser la situation financière d'un établissement de santé en déficit.
Je crains donc que cette fusion-ci ne se justifie que dans le cadre du plan d'économies de 3 milliards d'euros prévu pour les hôpitaux d'ici à 2017.
Madame la secrétaire d'État, quelles projections financières et études d'impact ont-elles été conduites en vue de garantir que cette fusion répond bien à la nécessité de développer un service public hospitalier de qualité et de proximité pour les Seine-et-Marnais, en particulier pour les habitants du sud du département ?
Ces études me paraissent d'autant plus indispensables que le rapport de l'IGAS souligne que les fusions, comme les restructurations hospitalières en général, ne font pas, hélas, l'objet d'un suivi de la part du ministère.
Mme Pascale Boistard,secrétaire d'État auprès de la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, chargée des droits des femmes. Monsieur le sénateur, vous avez raison de rappeler les conclusions du rapport de l'Inspection générale des affaires sociales sur les fusions et les regroupements hospitaliers, qui, s'il n'exclut pas l'intérêt des rapprochements entre établissements, souligne bien les limites d'une approche trop uniforme ou trop complexe.
En effet, chaque situation doit être analysée dans son contexte territorial. Comme vous le rappelez, l'affaiblissement des hôpitaux de Nemours, de Fontainebleau et de Montereau a des causes connues : pendant trop longtemps, ces établissements ont travaillé chacun de leur côté, indépendamment les uns des autres.
Cet isolement a progressivement engendré la fragilisation de ces structures et est à l'origine des difficultés pour recruter des médecins dans certaines spécialités. De plus, des niveaux d'activité souvent insuffisants ont dégradé la situation financière de ces établissements.
Partant de ce constat, la conclusion s'est imposée que l'on ne peut pas traiter les difficultés de chacun des établissements séparément.
Dès lors, un travail considérable a été mené par les équipes pour élaborer les axes d'un projet médical partagé et susciter une évolution des organisations qui garantisse l'accès à une offre de proximité de bonne qualité.
C'est avec cet objectif qu'une direction commune a été mise en place en 2013. La trajectoire des trois établissements montre que ce projet porte ses fruits, car il a permis de consolider l'offre hospitalière publique sur ce territoire du sud du département.
La fusion des trois établissements et la création d'un établissement hospitalier multi-sites respectant les implantations actuelles doivent donc se comprendre comme l'aboutissement de ce long processus, fruit de la mobilisation conjointe des équipes.
M. Michel Billout. Madame la secrétaire d'État, les équipes de direction de ces établissements ont sans doute mené un travail considérable, mais il est contesté par presque tous les personnels hospitaliers de ces trois entités. Vous n'évoquez pas, en outre, l'existence de véritables études d'impact ou d'autres scénarios.
Vous me donnez raison à propos du rapport de l'IGAS, mais je ne vois pas quelles leçons tirées de ce rapport ont été appliquées à ce territoire. Nous n'avons strictement aucune garantie, aujourd'hui, que la fusion de ces trois hôpitaux leur permettra de retrouver une santé financière suffisante pour surmonter les grandes difficultés qu'ils connaissent.
Le secteur hospitalier public est très concurrentiel, avec l'hôpital de Corbeil ou celui de Melun, actuellement en construction. Aussi l'inquiétude est-elle réelle quant à l'avenir des trois établissements appelés à fusionner. Je regrette que la réflexion ne puisse appuyer sur des études d'impact un tant soit peu sérieuses.
Suite
au questionnaire adressé aux formations politiques dans le cadre des élections
régionales, veuillez trouver ci-après la réponse du Front
National :
L’hôpital de Fontainebleau
A Fontainebleau, en 10 ans, le personnel a été réduit de
100 personnes (1034 à 933) et l'établissement a perdu 15 lits de chirurgie
entraînant une réduction de l'activité chirurgicale de 22,64%.
L'hôpital de
Fontainebleau montre un taux de vétusté déjà fort de 78,22 % en 2000 monté à
86,70 % en 2014, parce que le projet de partenariat public jugé
juridiquement, médicalement et financièrement dangereux, dénoncé même par
l’Agence Régionale de Santé dans une lettre du 6 février 2013 a retardé les
travaux.
Le projet de rénovation prévoit cependant une nouvelle réduction de
52 lits et la vente de bâtiments historiques et la diminution du
site.
A.
Considérez-vous que ces restrictions sont acceptables ?
B. Agirez-vous
pour que cet établissement puisse conserver son statut public, faire l'objet des
travaux
de rénovation qu'il attend et améliorer son recrutement
?
C.
Accepterez-vous que son espace foncier soit amputé au profit d’opérations
immobilières privées ?
Les restrictions opérées
traduisent un scandale public.
L'Hôpital de Fontainebleau
doit rester de plein exercice et ne doit pas être amputé de services médicaux de base ou fasse l'objet de cessions immobilières risquant de compromettre son
évolution future, pour des motifs étrangers au service de la santé.
On doit au contraire
maintenir et développer des services comme l'ophtalmologie, l'urologie et la
dentisterie.
Les candidats du Front
national sont inquiets de la réorganisation sanitaire que l'agence régionale de
santé
pourrait envisager dans le sud seine et marnais. Il est inacceptable
qu'un projet d'hôpital dans un autre secteur
sanitaire vienne concurrencer
et finalement empêcher la réhabilitation sur
site.
2. Les 3
hôpitaux de Nemours, Montereau et Fontainebleau
En parallèle de la situation de Fontainebleau, on
constatera à Nemours, la fermeture de l'obstétrique, du bloc et des 60 lits
de chirurgie. A Montereau, on relèvera la fermeture de 8 lits à Montereau en 10
ans, en janvier 2014, l’hospitalisation de semaine de chirurgie est passée
de 20 lits à 10 lits et la gynécologie obstétrique de 28 lits à 15 lits
d’obstétrique.
La reconstruction de l'obstétrique a Montereau est bloqué par
l'agence régionale de santé pour des raisons budgétaires.
Sans résoudre
les problèmes, il est prévu de fusionner ces 3 établissements, les moyens étant
encore amenés à baisser : - 18 lits à Nemours, - 52 à
Fontainebleau.
A
Considérez-vous que ces restrictions sont acceptables ?
B. Agirez-vous
pour empêcher la fusion de ces établissements, le renforcement du maillage
territorial hospitalier
et médical public dans le Sud Seine-et-Marne,
notamment par la rénovation, le maintien et le développement des
hôpitaux de
Fontainebleau, Montereau-Fault-Yonne, et Nemours, le recrutement de spécialistes
?
C. Tout en étant
favorable à des coopérations inter-hospitalières, considérez-vous normal que la
création d'un
groupement hospitalier de territoire (GHT) sous la
vraisemblable direction d'un hôpital public-privé qui conduira à
la mise
sous tutelle des hôpitaux de Fontainebleau, Montereau-Fault-Yonne, et Nemours et
leurs réductions ?
Les restrictions sont
d'autant plus choquantes que le Sud 77 manque de médecins et de spécialistes :
le choix de supprimer à nouveaux des lits amènera nécessairement à la
réduction de l'attractivité du territoire pour les patients et les
praticiens et constitue un cercle vicieux.
La fermeture de la chirurgie et
de l'obstétrique à Nemours ont mis à mal un établissement entier favorisant le taux de fuite.
La fusion destinée à
détruire le secteur public n'est pas acceptable, elle porte atteinte aux
autonomies locales que nous défendons.
3. La lutte
contre la désertification médicale -
L’accès aux soins pour tous
L'attrition programmée des hôpitaux locaux s'accompagne
d'une zone d'insuffisance de couverture médicale.
La réponse actuelle
consiste dans le développement de maisons de santé privées, fortement
subventionnes et rarement dans les zones les plus déficitaires.
Elle est
donc inadaptée.
A. Jugez-vous prioritaire de rassembler dans une
structure publique, à des tarifs accessibles en secteur 1, dans le cadre du
tiers payant,
la médecine générale, des spécialistes et des
paramédicaux ?
B. Estimez-vous alors nécessaire l’implantation de Centres
Publics de Santé (établissement de proximité de consultation avancé des
hôpitaux publics) parallèlement au réseau de médecine
libérale ?
Le programme du Front national de 2012 partage ce constat
: " L’accès de tous à la santé suppose d’abord de garantir un maillage territorial complet de l’offre de soins. Or les territoires ruraux sont
aujourd’hui les laissés pour compte de la santé, ce qui appelle à lutter
contre les déserts médicaux.
Il faut ainsi revivifier les territoires ruraux
par une politique d’aménagement harmonieux du territoire : les services publics
médicaux sont indispensables à l’attractivité d’un territoire et contribuent
à son activité économique. Des centres hospitaliers et médicaux polyvalents
doivent donc y être maintenus, voire créés quand la désertification médicale est
trop avancée".
Les centres publics de
santé (CPS) font appel à des praticiens hospitaliers, gage de garantie du
service de la santé.
Dans les territoires
ruraux, cette solution permet le maintien des habitants et lutte contre la
désertification, tout en garantissant des revenus aux
praticiens.
Dans les zones où la
médecine libérale est représentée notamment en zone urbaine, certaines
spécialités manquent cruellement (ophtalmologie) : un CPS pourrait être
utile en complément, mais non en remplacement de l'offre privé dès lors que
celle-ci est suffisante et abordable.
Le Front national précise
que le secteur libéral a un rôle éminent à jouer dans le cadre de confiance du
lien médecin-patient et de la liberté
de choix. L'Hôpital et ses structures
complémentaires jouent un rôle de garant principal de la continuité du service
public, en cas d'insuffisance ou de cherté du secteur privé. Un équilibre
doit être trouvé, mais toujours dans l'intérêt des patients.
Il convient d'étudier, au
cas par cas, si le secteur libéral est capable de fournir des prestations à un
coût économiquement acceptable pour les usagers. A défaut, un CPS est
justifié. Bien sûr une réflexion sur le financement de la structure est
nécessaire.
4.
Solidarité - les personnes âgées
Interviendrez-vous pour promouvoir le réseau des EHPAD, établissements
publics, dans le Sud 77 afin de
développer les possibilités d’un accueil
digne des personnes âgées quels que soient leurs revenus
Le conseil départemental,
en l'état du droit actuel, a toute qualité peut proposer un schéma
d'organisation des EPHAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées
dépendantes) en fonction des besoins territoriaux.
La promotion des EPHAD
pose des problèmes économiques incontestables.
La région doit y
contribuer à son niveau.
Une réflexion d'une
co-production avec les entreprises sociales pour l'habitat (spécialistes du
logement social) et les hôpitaux (spécialiste de la santé gérontologique)
pourrait permettre de résoudre ces questions.
Le problème est cependant
un problème de solidarité national que les départements ne peuvent seuls assurer
au risque d'inégalités inacceptables.
Le chantier est colossal comme le
programme du FN de 2012 le soulignait déjà : "Une cinquième branche du régime général de Sécurité sociale dédiée à la dépendance doit être créée,
consistant à permettre la prise en
charge collective de la dépendance, sans
que le système ne repose sur des mécanismes assurantiels privés.
Cette cinquième branche se
verra confier la responsabilité de l’ensemble des moyens financiers et humains actuellement mis en œuvre par les départements (allocation personnalisée
d’autonomie) et les établissements de santé.
Elle aura pour mission
principale d’améliorer les conditions de prise en charge de la perte d’autonomie
et de l’hébergement en établissement médico-social.
Elle sera également en
charge d’évaluer scientifiquement les besoins liés à la dépendance afin
d’adapter les politiques publiques et les modes de vie et d’organiser la
formation à la gestion de la dépendance. À court terme, le reste à charge
des personnes dépendantes sera diminué pour permettre à tous de vivre dans la
dignité.
Une analyse approfondie des besoins liés à la dépendance dans tous
les domaines (santé et médecine, urbanisme, architecture, ergonomie,
équipements, accès aux services publics, etc.) devra parallèlement être engagée pour être en mesure, à moyen terme, d’adapter les politiques aux
évolutions démographiques.
5.
Démocratie sanitaire
Êtes-vous favorable à la proposition d'États généraux de la
santé dans le Sud 77 composé d’élus locaux, de
représentants des
professionnels et de citoyens à fin de recenser les besoins de santé, de valider
les réponses
apportées à ces besoins sur le territoire du canton et de
contrôler démocratiquement les réponses ?
C'est une idée excellente,
qui complète la réponse précédente. Alors qu'il existe des comités pour les
questions de voisinage, on ne peut laisser tout un pan fondamental de la vie
humaine sans transparence ni réelle concertation.
Le problème est régional
et national ! Le Front national estime qu'un état des lieux partagé est urgent,
car le citoyen comme les praticiens n'ont pas de vision claire. Par
ailleurs, un plan d'action doit être décliné localement en associant les
élus, les sachants, les usagers, et les associations
compétentes.
Cela permettre également
de mettre en cause les politiques d'abandon et de destruction de la souveraineté en matière de santé publique.
Avec nos plus
cordiales salutations,
Renaud
Persson
Secrétaire
Départemental Adjoint - Responsable FN Seine-et-Marne SUD
Front
National Seine-et-Marne (FN 77), 14 rue Paul Doumer, 77000
MELUN
Objet : questionnaire concernant l’avenir
du système de santé dans le sud Seine et Marne
Madame,
Monsieur,
Dans le
sud de notre département, nos concitoyens se déclarent préoccupés par le
devenir de notre système de santé affecté en profondeur par les mesures des
gouvernements successifs : application de la loi HPST, mise en place des
ARS.
Le
COLLECTIF DE DEFENSE DE L’HOPITAL PUBLIC DE FONTAINEBLEAU (CDHPF) dénonce la
destruction du système hospitalier par la mise en place de partenariats publics
privés au profit du secteur privé (à Melun) ; cela entrainera la fermeture
de 239 lits en secteur public , la fermeture de services hospitaliers (il n'y a
plus d'obstétrique et de chirurgie à Nemours; il n'y a plus d'urgence chirugicale de nuit à Fontainebleau, Nemours, Montereau, Provins), la compression des
personnels (130 aides soignants ont été supprimés à Fontainebleau et à
Montereau en 10 ans), l'insuffisance des recrutements (comme l'urologie,
l'ophtalmologie, …) les conséquences de la désertification médicale, les suppléments
d’honoraires rendant impossible l’accès aux soins pour de nombreuses familles.
En dernier lieu, les autorités de santé proposent de
mettre en place une fusion des hôpitaux de Nemours, Fontainebleau et Montereau
préparant de nouvelles restrictions (- 52 lits à Fontainebleau, - 18 lits à
Nemours,… ) avant une nouvelle concentration-subordination dans le cadre du
Groupement hospitalier de territoire avec Melun (en PPP).
Au
regard de ces constats et après vous avoir invité à prendre connaissance du LIVRE
BLANC SUR LA SANTE PUBLIQUE DANS LE SUD SEINE-ET-MARNE (http://collectif-hopital-fontainebleau.blogspot.fr/p/livre-blanc-2015.html),
le CDHPF s’adresse à chaque candidat : il importe que les électeurs soient
informés avec précision des programmes soumis à leur suffrage.
Le CDHPF
vous prie donc de bien vouloir répondre au questionnaire ci-joint. Vous êtes
également invité à préciser les thèmes relatifs à l’accès aux soins qui vous
paraissent prioritaires et essentiels dans le cadre de votre futur mandat.
Les
réponses reçues seront publiées ensemble sur le blog du CDHPF avant le premier
tour de l’élection.
Nous
vous remercions de votre collaboration.
Nous
vous prions de croire, Madame, Monsieur, à l’assurance de notre considération
distinguée.
QUESTIONNAIRE
1.
L’hôpital de Fontainebleau
A Fontainebleau, en 10 ans,
le personnel a été réduit de 100 personnes (de 1034 à 933) et l'établissement a
perdu 15 lits de chirurgie entraînant une réduction de l'activité chirurgicale
de 22,64 %. L'hôpital de Fontainebleau montre un taux de vétusté déjà fort de
78,22 % en 2000 , monté à 86,70 % en 2014 - parce que le projet de partenariat
public-privé jugé juridiquement, médicalement et financièrement dangereux,
dénoncé même par l’Agence Régionale de Santé dans une lettre du 6 février 2013,
a retardé les travaux. Le projet de rénovation prévoit cependant une nouvelle
réduction de 52 lits , la vente de bâtiments historiques et la diminution du
site.
A. Considérez-vous
que ces restrictions sont acceptables ?
B. Agirez-vous
pour que cet établissement puisse conserver son statut public, faire l'objet
des travaux de rénovation qu'il attend et améliorer son recrutement ?
C. Accepterez-vous
que son espace foncier soit amputé au profit d’opérations immobilières
privées ?
2. Les
3 hôpitaux de Nemours, Montereau et Fontainebleau
En parallèle de la situation de Fontainebleau, on constate à Nemours,
la fermeture de l'obstétrique, du bloc et des 60 lits de chirurgie. A
Montereau, on relèvera la fermeture de 8 lits en 10 ans ; en janvier 2014,
l’hospitalisation de semaine de chirurgie est passée de 20 lits à 10 lits et la
gynécologie obstétrique de 28 lits à 15 lits . La reconstruction du service d'obstétrique à Montereau est bloquée par l'agence régionale de santé pour des
raisons budgétaires. Sans résoudre les problèmes, il est prévu de fusionner ces
3 établissements, les moyens devant encore être réduits : - 18 lits à Nemours,
- 52 à Fontainebleau.
A. Considérez-vous
que ces restrictions sont acceptables ?
B. Agirez-vous
pour empêcher la fusion de ces établissements, le renforcement du maillage
territorial hospitalier et médical public dans le Sud Seine-et-Marne, notamment
par la rénovation, le maintien et le développement des hôpitaux de
Fontainebleau, Montereau-Fault-Yonne et Nemours, le recrutement de spécialistes
?
C. Tout
en étant favorable à des coopérations inter-hospitalières, considérez-vous
normal la création d'un groupement hospitalier de territoire (GHT) sous la
vraisemblable direction d'un hôpital public-privé à Melun ? Ne
conduira-t-elle pas à la mise sous tutelle des hôpitaux de Fontainebleau,
Montereau-Fault-Yonne et Nemours et à leurs réductions ?
3. La
lutte contre la désertification médicale - L’accès aux soins pour tous
L'attrition programmée des hôpitaux locaux
s'accompagne d'une zone d'insuffisance de couverture médicale. La réponse
actuelle consiste dans le développement de maisons de santé privées, fortement
subventionnées , et rarement dans les zones les plus déficitaires. Elle est
donc inadaptée.
A. Jugez-vous prioritaire
de rassembler dans une structure publique, à des tarifs accessibles en secteur
1, dans le cadre du tiers payant, la médecine générale, des spécialistes et des
paramédicaux ?
B. Estimez-vous
alors nécessaire l’implantation deCentres
Publics de Santé (établissement de proximité de consultation avancée, avec
des praticiens hospitaliers et dépendant des hôpitaux publics)parallèlement au réseau de médecine
libérale ?
4. Solidarité -
les personnes âgées
Interviendrez-vous
pour promouvoir le réseau des EHPAD, établissements publics, dans le Sud 77
afin de développer les possibilités d’un accueil digne des personnes âgées
quels que soient leurs revenus?
5. Démocratie
sanitaire
Etes-vous favorable à la proposition d'Etats généraux de la santé dans
le Sud 77 composés d’élus locaux, de représentants de professionnels,
d'associations, et de citoyens afin de recenser les besoins de santé, de
valider les réponses apportées à ces besoins sur le territoire du canton et de
contrôler démocratiquement les réponses ?
Selon un communiqué du Parti ouvrier indépendant - Comité de Melun, la concentration des hôpitaux dans le sud 77 causerait préjudice également à l'Hôpital de Melun, dans projet d'établissement 2015-2019 :
- 239 lits de l'hôpital public supprimés (510 au lieu de 749 lits)