mardi 15 octobre 2013

Aggravation des conditions de travail dans les établissements publics de santé

Des personnels hospitaliers, membres de notre collectif, vous invitent à prendre connaissance de cette alerte :

Déclaration liminaire :

 

- les représentants CGT Comités d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail, CGT - CHSCT,

 - au Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière,CSFPH,

- 8 octobre 2013.

oooOooo


Le changement,
ce n’est vraiment pas pour maintenant,
nous le savions, mais à ce point là c’est désespérant!

     L’Objectif National des Dépenses d'Assurance Maladie (ONDAM),  n’a jamais été aussi bas :

  •  l’effort de 440 millions d’euros demandé aux hôpitaux va les contraindre à faire des coupes à la hache dans le personnel, tout en leur demandant d’augmenter leur activité.

     Que d’injonctions paradoxales !!!!

     En parallèle, il y a pléthore de réunions sur l’amélioration des conditions de travail, la qualité de vie au travail, la prévention des risques psycho-sociaux, etc. Cette schizophrénie des politiques menées nous pose question :

  •  devons-nous continuer de faire vivre un dialogue social qui nous paraît de plus en plus illusoire ?

     D’ailleurs, dans le cadre du pacte de confiance, il était urgent selon Mme la Ministre de mettre en place le volet CLACT, où en sommes nous ?

  •  La politique menée amène la destruction de l’organisation de travail par une industrialisation des soins en appliquant le lean, le benchmarking et autres fleurons du management industriel. Logique industrielle amenant amélioration de la productivité, de l’efficience.
  •  La T2A est totalement déconnectée de la réalité du travail réel des soignants, des techniques et administratifs de notre champ professionnel. On ne peut pas rationaliser le travail en établissements de santé.
  •  Les violences à l’hôpital, qui font les Unes des médias, augmentent voire explosent, et mis à part l’accompagnement des agents après coup, (jeu de mot), que met-on en place ?
  •  Les urgences en particulier reflètent le mal-être de notre société, l’hôpital est là pour soigner, accompagner de la naissance à la mort, et non pour panser (avec un a) les citoyens victimes d’une politique qui détruit des pans entiers de droits sociaux permettant de vivre dignement.

     Un des points à l’ordre du jour est l’absentéisme qui est présenté dans les établissements comme un des fléaux de la bonne organisation du travail. En revanche, à aucun moment nous ne discutons ni analysons la surcharge de travail engendrée par la diminution des effectifs et l’augmentation de l’activité imposée par la T2A, les ARS, le retour à l’équilibre…

     Qu’en est-il d’un bilan de la généralisation du travail en 12 heures, ou de la mise en place d’horaires atypiques en 10h, ou de la suppression imposée des RTT? Les employeurs font preuve d’imagination pour gérer le manque...

     Une fois de plus la spécificité, la forte féminisation de notre champ professionnel, n’est pas prise en compte, la maladie ordinaire et les arrêts avant congés maternité sont mélangés. Oui, à l’hôpital, il est difficile d’être enceinte et de travailler, différents indicateurs de pénibilité y sont concentrés : port de charges lourdes, horaires atypiques, postés, et nous ne parlons pas du contact avec le public , des pressions organisationnelles, du travail en position debout, etc. Sans parler de la culpabilisation des agents quand ils s’arrêtent pour enfants malades.

     Actuellement se discute un projet sur les retraites, avec un allongement de la durée de cotisations.

  •  Une fois de plus, les femmes, toujours elles, seront plus fortement touchées, peu d’entre elles ont une carrière complète.
  •  On nous martèle que l’espérance de vie augmente, soit, mais l’espérance de vie sans incapacité diminue. En 2010, nous passons à 62,7 ans pour les femmes et 61,9 ans pour les hommes, alors qu’en 2008 nous étions respectivement à 64,6 ans et 63,5 ans.
  •  Et dans les départements, les commissions de réforme ne se tiennent pas, les employeurs n’en trouvent pas l’utilité.
  •  La pénibilité est-elle l’arlésienne ? En tout cas, les jeunes IDE désespèrent d’atteindre une retraite pleine et entière. Pourtant, de partout est affichée la gestion des âges, l’intégration des personnes handicapées...

          Nous sommes ici en Commission Hygiène Sécurité et Conditions de Travail, et le constat d’une dégradation généralisée des conditions de travail est fait depuis longtemps. Que met en place concrètement le gouvernement dans la Fonction publique hospitalière pour y remédier ?

Quid de l’obligation de résultat des employeurs ?

oooOooo


COMMUNIQUÉ DE PRESSE INTERSYNDICAL

CGT  FO   SUD   CFTC


     A l’issue des déclarations liminaires des organisations syndicales représentatives des personnels, et suite aux réponses approximatives et inadaptées du directeur de la DGOS, toutes les organisations syndicales des agents présentes à cette séance ont décidé de ne pas siéger à la Commission d’Hygiène de la Sécurité et des Conditions de Travail Nationale (CHSCT) de la Fonction Publique Hospitalière du mardi 8 octobre 2013.

     Depuis plusieurs réunions de la CHSCT et du Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière (CSFPH), les représentants du personnel se font l’écho des situations alarmantes et parfois dramatiques que vivent au quotidien toutes les catégories de personnels, de l’Agent de service hospitalier (ASH) au Directeur.

     Les organisations syndicales, confrontées à ce type de «dialogue social» à tous les niveaux, ne peuvent supporter le déni affiché par le Directeur Général de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS).
Dans la politique actuelle de restrictions budgétaires de nos établissements, comment peut-on ignorer à ce point la réalité du terrain ?!

     La présence de la Ministre à la prochaine CHSCT a été demandée par toutes les organisations syndicales, afin de savoir si ce positionnement est le reflet de la politique gouvernementale, concernant les établissements de santé et d’action sociale et leurs personnels ?!

     Les représentants des organisations syndicales, porteurs des revendications des salarié-es, exigent de pouvoir exercer pleinement leurs missions dédiées à la CHSCT Nationale.

Montreuil, le 11 octobre 2013

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